diacre

Qu'est-ce qu'un diacre permanent ?

Dans une étude extrêmement synthétique et éclairante (1), Bernard Sesboüé, jésuite, a montré que l'histoire comme l'actualité oscillent entre deux profils de diacres.

 

 

- D'un côté, un ministère spécifique, centré sur le caritatif-social, et colorant ainsi sa participation liturgique et communautaire.

- De l'autre, un ministère centré sur la paroisse, avec prédominance de la tâche pastorale de "vicaire" ou de "suppléant du prêtre" en cas de pénurie.

 

La première figure vient des trois premiers siècles. La seconde, postérieure, revient sur le devant de la scène aujourd'hui. Ce conflit des définitions peut être illustré par des prises de position récentes de l'épiscopat français et de la curie romaine. 

 

Privilégier le cartitatif-social

 

À Lourdes, en 1996, la conférence épiscopale s'est prononcée en faveur du premier profil : "Les évêques éviteront de généraliser les situations où des diacres recevraient une participation à l'exercice de la pastorale, entendue comme charge curiale (...) Ils veilleront à ce que l'image donnée par les diacres ne soit pas celle de la suppléance des prêtres".

 

La tradition apostolique

 

Or, un texte romain de 1998 (Congrégation pour le clergé) insiste sur le ministère paroissial du diacre : "En présence d'un diacre, on ne peut confier ni à un fidèle, ni à une communauté de personnes la participation à l'exercice de la charge pastorale". Sa fonction est alors assimilée à celle du prêtre, à un rang inférieur.

 

On ne sortira des ambiguïtés qu'en méditant l'affirmation de "La Tradition apostolique" (II-IIIe s.), reprise par Vatican II : "Le diacre n'est pas ordonné au sacerdoce, mais au service" de l'évêque. Il faut donc absolument souligner la dimension de service, à la suite du Christ serviteur lavant les pieds de ses disciples. 

 

L'Eglise : un peuple de serviteurs

 

Cette diaconie se décline sur les trois registres de la charité, de la Parole et de la liturgie. Mais c'est en étant l'homme de la charité à l'égard de tout être humain et de tout secteur professionnel que le diacre manifestera à tous l'unité du dire et du faire, de l'action et de la célébration, de la vie et de la foi. Le diaconat est le sacrement du service pour que l'Église devienne toujours davantage un peuple de serviteurs.

 

Un texte oecuménique important, dit "BEM" ("Baptême, Eucharistie, Ministère", Lima 1982), donne bien la tonalité du diaconat qui doit se vivre dans toutes les Églises : "Les diacres représentent au sein de l'Église sa vocation de servante dans le monde. En menant un combat au nom du Christ parmi les innombrables nécessités de la société et des personnes, les diacres donnent l'exemple de interdépendance du culte et du service dans la vie de l'Église" (n° 31). Ce n'est pas en confondant les vocations ou en remplaçant prêtre et laïcs responsables par le nouveau diacre, qu'on préparera mieux l'avenir de l'Église.

 

(1) "Quelle est l'identité ministérielle du diacre ?", dans L'Église à venir, Cerf, 1999, p. 223-257

 

Mai 2001
Croire.com