Théologie

Histoire de la théologie morale

Françoise Niessen, médecin et enseignante en théologie morale fondamentale et en bioéthique (Séminaire de Saint-Sulpice à Issy-les-Moulineaux), donne des repères pour mieux comprendre les grands chantiers de la théologie morale contemporaine.

 Le théologien moraliste espagnol contemporain Marciano VIDAL a qualifié le XXe siècle d'âge d'or de la théologie morale. (3) Cette richesse de la réflexion théologique morale d'aujourd'hui s'enracine dans l'histoire de la théologie morale des siècles précédents, en particulier dans l'âge d'or des "systèmes moraux" de la casuistique au XVIIe siècle. La casuistique fut la théologie morale dominante du concile de Trente (1545-1563) jusqu'au concile Vatican II.

 

Parcours historique :

 Cette brève enquête historique (4) est ordonnée à la clarification des pistes contemporaines de la théologie morale. 

 Le contexte de la naissance de la casuistique
 

Le bouillonnement culturel de la Renaissance va contribuer à donner une importance nouvelle à la théologie morale. Plusieurs évolutions vont rendre les situations plus complexes et donc le discernement moral plus difficile :
 
- En opposition avec l'idéal médiéval d'unité du corps de la société au Moyen-âge, l'humanisme de la Renaissance exalte l'individu. D'où un déplacement de l'importance de la conformité à la loi objective au profit de la dimension subjective de la morale, la conscience.
 
- Les grandes découvertes des Indes et de l'Amérique et de leurs populations mettent à l'épreuve des normes morales qui semblaient universelles.
 
- L'évolution de la théologie morale vers la casuistique ne peut pas se comprendre sans la place de plus en plus importante donnée au sacrement de la pénitence. Le mouvement de la Contre-Réforme catholique au XVIe siècle a voulu oeuvrer pour la réforme morale du clergé et de l'ensemble des fidèles. Pour les Pères du Concile de Trente, cette réforme passait par une insistance sur la pastorale du sacrement de pénitence. La formation des futurs prêtres s'est axée sur leur fonction de confesseur. D'où de nombreux "Manuels des confesseurs" voulant aider le prêtre à résoudre les cas de conscience.

Ces différents facteurs vont contribuer à une évolution de la réflexion morale. Face aux questions morales décisives : "quelle action dois-je faire ? Quelle action dois-je éviter ?", le jugement moral peut s'avérer difficile quand les situations se complexifient. On parle alors de "conscience douteuse". C'est à partir de cette problématique que va s'élaborer la morale casuistique.

Les théologiens du Moyen-âge avaient déjà réfléchi à la décision à prendre dans ces situations de doute sur. Pour eux, il s'agissait de choisir la voie la plus sûre, c'est-à-dire l'obéissance à la loi morale. Pour ces théologiens et en particulier pour Thomas d'Aquin, la loi est une expression du travail de la raison humaine et elle montre à l'homme le chemin à suivre pour viser son accomplissement, dans une conception de la vie morale chrétienne qui consiste à ordonner les actes humains à la fin ultime de l'homme qui est la Béatitude.

Au XIVe siècle, un mouvement intellectuel, le nominalisme de Guillaume d'Ockham, va contribuer à donner une nouvelle structuration à la morale. Alors que pour le Moyen-âge la loi permet l'accomplissement de la liberté humaine, le nominalisme et, sous l'influence de ce courant, la casuistique à partir du XVIe siècle, vont opposer la loi et la liberté et le rôle de la conscience sera de trancher entre la loi et la liberté, comprises dans un rapport antithétique. En raison de son anthropologie et de sa théologie, Ockham fait de l'obligation le fondement de la morale. Le nominalisme consacre le discrédit de la raison au profit de la volonté. Ce qui fait la moralité d'un acte est la soumission de la volonté à l'obligation, mais il n'y a pas de justification rationnelle des lois morales : la loi est une convention arbitraire. La vie morale n'est plus alors une morale du sujet qui s'oriente de plus en plus vers le bien, mais une morale d'actes indépendants entre eux, sans prise en considération de la personne avec son histoire.

Dans un tel contexte intellectuel, on devine alors quelle va être la problématique morale centrale : quand, dans une situation concrète, j'ai un doute sur le caractère obligatoire de la loi, ne sachant pas si la loi s'applique vraiment, ai-je l'obligation d'obéir à la loi ou puis-je m'écarter de la règle qui oblige donneront naissance aux différents "systèmes moraux" (5) de la casuistique. Des positions les plus rigoristes aux positions les plus laxistes, l'éventail des réponses des casuistes sera d'une profusion impressionnante et explique l'image négative attachée aux subtilités de la casuistique.

L'initiateur du premier système moral de la casuistique, le probabilisme, est Barthélemy de MEDINA (1527-1580), dominicain de l'école de Salamanque. Le premier jésuite probabiliste est Gabriel VASQUEZ (1549-1604). Le probabilisme fut le "système moral" le plus répandu : on peut choisir une conduite non conforme à la loi s'il y a un certain degré de probabilité qu'elle soit moralement acceptable ; et cela même s'il existe des arguments avec une probabilité plus forte en faveur d'une autre conduite. La probabilité peut être "intrinsèque", liée à la force de l'argument ; ou "extrinsèque", liée au prestige de l'autorité qui l'a énoncée. L'évolution du probabilisme s'est faite vers l'extrinsécisme.

 L'âge d'or de la casuistique au XVIIe siècle
 

Plusieurs éléments notables dans cet âge d'or :
 
- Les manuels de cas de conscience : nous avons souligné la nécessité, dans un contexte culturel nouveau, de résoudre les cas de conscience se posant aux chrétiens et la nécessité de guider les confesseurs. Les ouvrages de cette époque sont donc à destination pratique et la vogue du probabilisme contribuera à la réduction de la théologie morale à une casuistique caractérisée par le juridisme et un certain minimalisme moral. Ces manuels de cas de conscience seront les manuels des confesseurs et serviront de modèle aux innombrables manuels de morale qui seront publiés jusqu'au début du XXe siècle.
 
- La réduction de la théologie morale à la résolution des cas de conscience va amener d'interminables débats sur les solutions à donner à ces cas de conscience avec des orientations diverses vers le rigorisme ou vers la morale relâchée. La morale rigoriste fut illustrée par les jansénistes de Port Royal ; elle nous est connue en particulier par les
Lettres Provinciales de Blaise Pascal (1623-1662) qui fustige la morale relâchée en l'attribuant abusivement et globalement aux jésuites.
 
- Tout au long de cette histoire troublée de la théologie morale, Rome a pris parti par différentes interventions. Des Papes du XVIIe siècle ont tracé les limites à ne pas franchir en condamnant des propositions rigoristes et des propositions laxistes.

 La morale sévère du XVIIIe siècle
 

QUANTIN (2001) (6) fait remarquer dans son ouvrage historique sur le
Rigorisme chrétien, qu'au XVIIe siècle, les décisions romaines n'avaient pas la valeur de normes indiscutables qu'elles acquirent au XIXe siècle, et surtout en France en raison des "libertés gallicanes". Cette situation explique l'importance pour l'Eglise de France et pour l'histoire de la théologie morale en France, des censures de l'Assemblée du Clergé de France en 1700 sous la houlette de l'Evêque de Meaux, Bossuet (Evêque de Meaux de 1681 à 1704). Cette assemblée a engagé l'Eglise de France au XVIIIe siècle dans une morale sévère qui alla de pair avec une pastorale sévère, en particulier dans l'administration des sacrements de la pénitence et de l'Eucharistie.

 Alphonse de Liguori (1696-1787)
 

Comme de nombreux séminaristes de son époque, Alphonse de Liguori fut formé, à Naples, à la morale rigoriste par un manuel de théologie morale français traduit en latin. Mais en raison de son ministère pastoral au service des pauvres et des marginaux, Alphonse de Liguori évoluera vers une théologie morale plus compréhensive envers les difficultés, les faiblesses, les complexités de la vie humaine et chrétienne. Pour lui, le ministère de la confession est difficile parce qu'il faut connaître les lois morales, savoir les interpréter justement, en faire la difficile application à la diversité et à la complexité des situations. Il s'agit de rechercher une juste articulation entre la loi et la liberté dans la conscience du sujet agissant. Le rôle de la conscience n'est pas de se contenter d'appliquer une loi telle quelle, il n'est pas de s'arrêter aux opinions des moralistes ; il est de porter un jugement sur le sens et les raisons de son action dans ses conditions concrètes : c'est à la conscience personnelle de se déterminer.

La théologie morale d'Alphonse, même si elle relève encore de la casuistique, ne se réduit pas à des règles de moralité. Alphonse ne sépare pas vie morale et vie spirituelle. Comme l'écrit REY-MERMET (7), caricaturant une certaine pratique de la casuistique : "il ne se contente pas de naviguer à vue entre les récifs des péchés mortels". Sa pratique des confesseurs ne se contente pas de nommer les péchés, elle veut aussi faire progresser dans les vertus et dans la première d'entre elles, l'amour de Dieu. La vie morale du chrétien n'est pas une série d'actes isolés les uns des autres, elle est surtout
L'art d'aimer Jésus Christ (8). Cet amour est la source et la visée de sa morale comme en témoignent ces nombreux ouvrages de spiritualité.

Dès la fin du XVIIIe siècle et au long du XIXe siècle, on peut constater la montée régulière de l'autorité de la morale alphonsienne. En raison du ton de modération, de juste milieu et de bienveillance de cette morale, les souverains pontifes l'ont recommandée. Pie IX (pape de 1846 à 1878) fait d'Alphonse de Liguori un docteur de l'Eglise (1871) parce que : "parmi les opinions soit trop laxistes, soit trop rigides des théologiens, Alphonse a tracé une voie sûre par laquelle ceux qui dirigent les âmes des fidèles du Christ peuvent marcher d'un pas assuré". En 1950, Pie XII déclare Alphonse de Liguori patron des confesseurs et des moralistes.

A la fin du XIXe siècle, les théologiens de l'école de Tübingen souhaiteront faire sortir la théologie morale de sa réduction à la casuistique et de la pratique du confessionnal. Ils prépareront le renouveau de cette théologie à partir de l'Ecriture, de la christologie, de la spiritualité et du souci de la personne dans sa globalité et pas seulement dans ses actes et leur caractère peccamineux ; ces dimensions sont émergentes dans la théologie morale d'Alphonse de Liguori.

 XIXe siècle - début du XXe : le renouveau biblique de la théologie morale en Allemagne (9)
 

C'est d'abord en Allemagne que la théologie morale bénéficia du renouveau des études exégétiques bibliques. Fritz TILLMANN (1874-1953) peut être considéré comme le précurseur du renouveau biblique de la théologie morale. Il fut exégète avant de se tourner vers la théologie morale. Sa recherche en théologie morale fut marquée par son engagement dans la pastorale des étudiants et préoccupée par l'ouverture du catholicisme à la pensée contemporaine. En 1933 est publié sous la direction de TILLMANN un manuel de morale catholique qui amorce un ressourcement de la théologie morale dans l'Ecriture en insistant sur "la suite du Christ", en réaction contre une casuistique desséchante.

Le symbole du renouveau de la théologie morale catholique au XXe siècle est représenté par le théologien moraliste rédemptoriste Bernhard HÄRING (1912-1998) qui fut expert conciliaire. En 1954, il publie son ouvrage traduit en français en 1955 : La loi du Christ. Théologie morale à l'intention des prêtres et des laïcs. Cette morale s'inscrit dans la dynamique scripturaire et christologique, initiée par TILLMANN : morale de la suite du Christ, de l'imitation du Christ, de la vie dans le Christ, morale qui se ressource dans la vie sacramentelle (dans la casuistique, cette dernière faisait surtout l'objet d'une réglementation juridique). Sa théologie morale, marquée par le personnalisme de Martin BUBER (1878-1965), est une éthique personnaliste de la responsabilité, responsabilité qui est aussi réponse personnelle à l'appel de Dieu ; son enjeu, en réaction contre la morale casuiste des manuels des confesseurs, est l'unité de la vie chrétienne : la théologie morale n'est pas séparée des sacrements, de la dogmatique ni de la spiritualité.

 

Enjeux

 

Jusqu'à la veille du Concile Vatican II, la théologie morale enseignée dans les séminaires est celle des manuels des confesseurs façonnés par des siècles de casuistique. Que pouvons-nous retenir de ce qui se joua en théologie morale entre la Renaissance et le XXe siècle ? L'intérêt n'est pas historiographique, mais proprement théologique, à savoir mieux comprendre les débats de théologie morale qui nous ont précédés et dont les débats actuels sont tributaires.

 Premier enjeu : la pertinence de la morale chrétienne face à des défis nouveaux
 

C'est l'enjeu fondamental. Les évolutions de cette théologie morale sont motivées par une préoccupation pastorale toujours d'actualité : comment le chrétien peut-il mener une vie morale chrétienne dans des conditions nouvelles d'existence ? Plus profondément, la question est une question permanente de toute vie chrétienne qui considère que l'enjeu de cette vie est le salut. Elle est la question mise en valeur par Jean-Paul II dans le Chapitre I de
Veritatis splendor (1993) : "Maître, que dois-je faire de bon pour avoir la vie éternelle ?".

 Deuxième enjeu : La conception de l'acte moral
 

En raison de l'impact intellectuel du nominalisme, la rationalité de la loi et sa fonction humanisante sont perdues de vue. Les deux pôles antithétiques loi et liberté sont mis en contact par la conscience : la conscience est le lieu où la liberté s'oppose à la loi, alors que pour le Moyen-âge, la conscience avait pour "fonction première d'être le témoin de la loi morale dans le coeur de l'homme" (10). Des casuistes inclineront à favoriser la liberté en délimitant de façon précise le champ d'application de la loi et en mesurant aussi strictement que possible l'obligation. La question centrale en morale est donc la question de l'obligation d'obéir à la loi : jusqu'où peut-on aller sans enfreindre la loi ? On ne s'étonne donc pas de la place du droit dans cette morale.

Cette conception de l'acte moral a fait comprendre la vie morale comme une suite d'actes isolés, ne prenant pas en considération le sens de l'action, ni le souci de la personne dans son histoire et sa construction avec la place des vertus.

Face à cet effacement du sujet dans la vie morale, ce fut l'un des apports de Saint Alphonse de se préoccuper non seulement de la gravité objective de l'acte et du respect de la loi morale, mais aussi de la dimension subjective du sujet agissant. Cette perspective "personnaliste" redeviendra centrale en morale en particulier avec Bernhard HÄRING.

 Le souci de la bienveillance et de la miséricorde
 

Ce qui a également motivé les recherches de la casuistique est un autre enjeu : celui de l'attitude à avoir vis-à-vis des personnes humaines, donc fragiles et limitées, désirant vivre une vie morale chrétienne. Cet enjeu est très ancien puisqu'il commence au IIIe siècle avec le premier conflit dans l'Eglise entre les indulgents et les sévères (11). La pente de cette intuition a été un relâchement progressif de la vie morale vers le laxisme. En réaction s'est développée une morale rigoriste qui tient que le primat donné à la loi dans sa littéralité et dans toutes les circonstances représente automatiquement l'obéissance à la volonté de Dieu et aux exigences de l'Evangile.

 L'enjeu qui récapitule ces différents enjeux : comment élaborer un discernement moral ?
 

Finalement, la grande question qui est en jeu et qui noue les enjeux précédents est : comment porter un jugement éthique en situation ? Le problème central est celui des places respectives de la dimension objective (les lois morales) et de la dimension subjective de la morale (le sujet et sa conscience). A partir de la casuistique des "systèmes moraux" et en laissant de côté la morale relâchée ou laxiste qui a complètement éliminé le rapport à la loi morale, on peut distinguer deux méthodes pour élaborer un discernement moral, en particulier dans les situations complexes.
 
- D'une part, la "morale de la loi" : la loi oblige toujours. Cette morale de la loi met en évidence les deux facettes opposées de la loi : la facette positive est la loi comme lumière centrale et indispensable pour la vie morale ; la facette négative résulte de l'absolutisation de la loi qui demande une obéissance servile et automatique à la loi.
 
- D'autre part, la "morale du juste milieu" qui essaie de tenir à la fois la place de la loi et l'attention au sujet et à ses capacités personnelles. Comme l'a perçu Alphonse de Liguori, cette méthode du juste milieu et de la bienveillance, si elle veut être chrétienne, engage l'exercice des vertus morales et théologales. Cette morale aura une belle postérité avec l'éthique de la responsabilité de Bernhard HÄRING

Ainsi la théologie morale s'est longuement attachée à l'acte moral et à sa gravité. Aujourd'hui, le souci de la personne, de sa construction et de la dynamique chrétienne dans la vie morale reste un chantier central de la théologie morale contemporaine. (12)

 

Notes : 

 

3. Cité par Véronique MARGRON, "Incarnation chrétienne de Dieu et humanisation de l'homme",
Revue d'éthique et de théologie morale, 223, 2002, pp 81-138, ici p. 92.
 
4. Cette présentation historique doit beaucoup à Th.DEMAN, "Probabilisme" in
Dictionnaire de théologie catholique, tome 13,1936, col.418-619 et à L.VEREECKE,
De Guillaume d'Ockham à Saint Alphonse de Liguori. Etudes d'histoire de la théologie morale moderne 1300-1787. Rome : Bibliotheca historica, 1986.
 
5. Les systèmes moraux de la casuistique sont les différentes théories constituées par un ensemble de règles qui établissent comment se référer ou non à la loi morale quand il existe un doute sur l'obligation de la loi en situation concrète. Dominicains et jésuites ont largement contribué à écrire l'histoire de la casuistique.
 
6. J.L. QUANTIN,
Le Rigorisme chrétien. Paris : Cerf, 2001, pp. 11 ; 85.
 
7. Pour la biographie et l'oeuvre de théologie morale d'Alphonse de Liguori : voir Th. REY-MERMET,
Le saint du siècle des lumières Alphonso de Liguori. Paris : Nouvelle Cité, 1982.
 
8. Opuscule de spiritualité d'Alphonse de Liguori en 1768.
 
9. Voir Ph. BORDEYNE, "Le renouveau biblique de la théologie morale : une fausse simplicité" in
Bible et morale, Ph. BORDEYNE (dir.),
Bible et morale. Paris : Cerf, 2003, pp 31-50.
 
10. G.MEDEVIELLE,
Le bien et le mal. Editions de l'atelier, 2004, chapitre III "La conscience et l'amour du bien", p.71.
 
11. Cf J.L. QUANTIN,
Le rigorisme chrétien, Paris : Cerf, 2001.
 
12. A la suite du philosophe Michel FOUCAULT (cité par Jean-Louis BRUGUES,
Précis de théologie morale générale, Paris : Mame, 1995, pp.17-18), on peut repérer que l'histoire de la philosophie morale et de la théologie morale en Occident se réfère à deux modèles, souvent en tension : la morale du code et la morale de la construction de soi. Si la morale du code répond à la question "que dois-je faire ?", la morale de la construction de soi cherche à répondre à la question : "quel sujet je désire devenir ?" et s'attache à la prise en compte de la personne.

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Françoise Niessen