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1er octobre : sainte Thérèse de Lisieux

Thérèse de Lisieux, docteur de l'Eglise

En octobre 1997, Jean-Paul II nomme Thérèse "Docteur de l'Eglise". Qu'est ce que cela veut dire ? Entretien avec Monseigneur Gaucher, carme, évêque auxiliaire émérite de Bayeux-Lisieux.
Les femmes ont une théologie expérimentale, narrative, mystique et concrète.
Que veut dire être docteur de l’Eglise ?
Il y a trois conditions pour devenir Docteur de l’Eglise : il faut être un saint canonisé ( Thérèse l’est de puis 1925), avoir développée une doctrine éminente, un enseignement théologique et spirituel utile à l’Eglise. Et enfin, troisième condition, que ce soit le pape qui proclame le doctorat. Nommer un saint docteur de l’Eglise se fait à l’issue d’un travail très sérieux de théologien et de cardinaux.
Proclame t-on souvent un saint Docteur de l’Eglise ?
Non, c’est très rare ! Il y a 33 docteurs de l’Eglise, dont trois femmes seulement : Catherine de Sienne et Thérèse d’Avila, déclarées docteur en 1970,et Thérèse de Lisieux, en 1997. Et il y a des recalés, tel Grignon de Montfort, que pourtant Jean-Paul II aimait beaucoup !
Pourquoi y a t-il si peu de femmes?
Pie XI en 1932 n’avait pas osé déclarer Thérèse docteur, car c’était une femme ! Il faut dire que , jusque là, le savoir était masculin et qu’on a toujours assimilé le doctorat aux études de théologie… Or les femmes n’avaient pas accès à ce savoir. Catherine de Sienne était illettrée ! On prenait des notes de tout ce qu’elle disait ! Et ce n’est que très tardivement, dans la seconde partie du XX ème siècle, que l’on a commencé à réaliser que les femmes avaient quelque chose à dire de Dieu et qu’elles puisaient ce quelque chose dans leur ’expérience . Thérèse d’Avila dit quelque chose de Dieu à sa manière ! Ce doctorat féminin est donc une révolution et nous n’en sommes qu’au début ! Nous sortons d’une théologie très conceptuelle ce qui n’exclut pas le raisonnement, mais fait voir les choses différemment
Les femmes ont donc une façon toute particulière de parler de Dieu ?
Les femmes ont une théologie expérimentale, narrative, mystique et concrète. Elles ont plus à dire sur Dieu que les hommes, et elles disent des choses capitales ! Elles font de la théologie différemment, sont plus intuitives et vont plus loin dans l’amour et la miséricorde. Le « Je t’aime » d’une femme à Jésus est différent de celui d’un homme…Il y a un privilège de la féminité dans l’amour de Jésus. Jean-Paul II a beaucoup insisté sur le génie féminin et sur le rôle de la femme dans l’Eglise. La femme peut être une enseignante universelle !
Que dit Thérèse de Lisieux de capital ?
Elle a la « science de l’amour divin »comme l’a dit Jean-Paul II. Elle a des fulgurances sur la Trinité, la mariologie, la christologie, l’œcuménisme. Et sa « petite voie de la confiance et de l’amour », fait vivre des millions de gens.
recueillis par Sophie de Villeneuve

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