
Michel Camdessus,
nouveau président
des Semaines sociales
L'ancien directeur général du FMI (Fonds monétaire international) a repris du service. En janvier 2001, Michel Camdessus a succédé à Jean Boissonat comme président des Semaines sociales de France. Créées pour étudier les problèmes de société à la lumière de la foi chrétienne, les Semaines sociales bénéficient ainsi de l'expertise d'un homme qui a tenu pendant treize ans les rênes de l'une des institutions les plus puissantes du monde. Qui plus est, à un moment où la planète essuyait une série de crises financières sans précédent. « Trésorier de l'Univers » est le titre que lui a décerné Jean Boissonat dans les colonnes de la Croix, en novembre 2000, alors que Michel Camdessus venait d'annoncer son départ anticipé du FMI.
Grand lecteur de Teilhard de Chardin et d'Emmanuel Mounier, ce Bayonnais de 67 ans, a aussi été soumis à des critiques d'une grande virulence. Ainsi, les Américains se sont longtemps méfiés de ce haut fonctionnaire, ancien directeur du Trésor (1982-1984), puis gouverneur de la Banque de France (1984-1987), dans lequel ils voyaient un « socialiste français ». D'autres ont fait du patron du FMI l'incarnation du libéralisme le plus orthodoxe.
Tour à tour, Michel Camdessus a été soupçonné d'indulgences excessives envers la Russie, aussi bien que de raideur dogmatique vis-à-vis des pays africains. Récusant ces accusations, Michel Camdessus proclame qu'il faut « humaniser la mondialisation » et a beaucoup œuvré à l'allègement de la dette des pays pauvres. Mais « renoncer à 60 milliards de dette des pays pauvres, c'est une plaisanterie si on ne leur permet pas de vendre le fruit de leur travail aux pays industriels », affirmait-il. L'économiste ne quitte jamais le moraliste.
Y. M.

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